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L'Institut Jean Lamour est un laboratoire de recherche en Science des Matériaux : matériaux, métallurgie, plasmas, surface, électronique, nanomatériaux. C'est une unité mixte de recherche (7198) de l'Université de Lorraine et du CNRS.


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Catégorie : A la Une

CRYOSCAN, l’âge de raison

La start-up CRYOSCAN, fondée il y a sept ans par deux membres de l’IJL, a emménagé le 2 juillet 2018 dans les nouveaux locaux du laboratoire, sur le campus Artem à Nancy. L’occasion de faire le point sur l’évolution de cette entreprise, qui compte aujourd’hui sept salariés.


CRYOSCAN a quitté ses locaux de la Faculté des Sciences et Technologies pour investir un espace de 105 m2 composé de trois bureaux et une salle d’assemblage. Cet emménagement dans les nouveaux locaux de l’IJL lui permet de doubler sa capacité de montage.


Un aspect non négligeable pour cette entreprise spécialisée dans le développement et la fabrication de dispositifs sur mesure dans le domaine de la cryogénie, du vide et de l'ultravide. Cela va par ailleurs permettre un rapprochement avec les neuf équipes de recherche de l’IJL avec lesquelles elle travaille.
Car, rappelons-le, CRYOSCAN a été fondée le 11 juillet 2011 par un enseignant-chercheur et un ingénieur de recherche de l’IJL - Bertrand Kierren et Luc Moreau - tous deux membres de l’équipe de recherche Surfaces et spectroscopies.


Les travaux de leur équipe étant en grande partie de la recherche fondamentale, ils ont eu l’idée de valoriser la partie visible de l’iceberg : le développement instrumental. Un véritable savoir-faire existait dans l’équipe : par exemple, Luc Moreau avait conçu un manipulateur permettant de faire des mesures en photoémission qui n’existait pas sur le marché.  "La France a perdu sa culture de l’instrumentation et c’est compliqué à financer, car c’est extrêmement consommateur en moyens humains. « Recruter sept personnes en sept ans dans une équipe de recherche aurait été impossible", souligne Bertrand Kierren.


Après avoir embauché un ingénieur CAO, Romain Charleux, au démarrage de l’entreprise, CRYOSCAN a connu deux vagues de recrutement. En 2014, Sébastien Palay, ingénieur de l’ENIM, a été recruté comme ingénieur projets (avant de devenir président de l’entreprise) et Gauthier Wirth en tant que dessinateur projeteur. Au début de l’année 2018, l’équipe a été rejointe par Sarah Xing, responsable instrumentation et Stéphane Devaux, responsable scientifique, respectivement ancienne doctorante et chercheur associé de l’IJL. Toutes ces personnes ont été formées à l’Université de Lorraine.


Jusqu’à présent, l’activité restait très liée à des projets spécifiques en réponse à des appels d’offres avec une clientèle essentiellement constituée de laboratoires de recherche publique.
Depuis un an, CRYOSCAN  prospecte la clientèle industrielle. Un premier contrat a été signé avec un fabricant de microsondes électroniques pour qui la start-up va réaliser une étude en tant que sous-traitant.
De plus, un produit est commercialisé en collaboration avec la société britannique HIDEN Analytical, qui fabrique des sondes de diagnostic plasma (ESPION).
Autre exemple, un industriel a contacté CRYOSCAN avec une problématique liée à l’acheminement d’azote liquide sur une grande distance.


CRYOSCAN a également fait cette année ses premiers pas à l’international en fournissant au laboratoire de recherche chinois SINANO une valise de transfert permettant de transporter sous ultravide des échantillons et matériaux élaborés sous ultravide. 


CRYOSCAN contribue par ailleurs à la formation par la recherche grâce à une thèse CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche) effectuée au sein de l’équipe Nanomagnétisme et électronique de spin de l’IJL. Anton Kiyanytsia soutiendra cette année ses travaux sur les matériaux magnétiques élaborés sur des alliages à mémoire de forme.


Et la prochaine étape de développement ? Selon Sébastien PALAY, "l’instrumentation scientifique est un marché de niche, proposer nos compétences en cryogénie et instrumentation dans le milieu industriel est l’étape clé pour notre développement. La demande dans l’industrie est relativement importante, dans quelques années une part importante du chiffre d’affaires viendra de cette activité. L’objectif aujourd’hui est de continuer à faire connaître CRYOSCAN au monde industriel".


Légende de la photo (de haut en bas et de gauche à droite) :
Gauthier Wirth, Anton Kiyanytsia, Luc Moreau, Romain Charleux,
Sarah Xing, Stéphane Devaux, Sébastien Palay.