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L'Institut Jean Lamour est un laboratoire de recherche en Science des Matériaux : matériaux, métallurgie, plasmas, surface, électronique, nanomatériaux. C'est une unité mixte de recherche (7198) de l'Université de Lorraine et du CNRS.


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[Distinction] Helène Fischer, lauréate du Prix Jean Perrin de la SFP

La Société Française de Physique a remis le 9 octobre 2020 le Prix Jean Perrin à Hélène Fischer. Physicienne, enseignante à la Faculté des sciences et technologies et chercheuse à l’Institut Jean Lamour (IJL), elle mène depuis de nombreuses années un important travail de vulgarisation scientifique. Il a culminé avec la conception de l’exposition Magnétique, présentée pendant un an au Palais de la découverte, à Paris.

Qu’est-ce que le Prix Jean Perrin et que va-t-il vous apporter ?

La Société Française de Physique a créé, en 1972, un prix en hommage à cet éminent scientifique français, Jean Perrin, dans l’objectif de récompenser un « effort particulièrement réussi de popularisation de la science ». Tous les moyens d'expression, écrits ou audiovisuels (films, livres, documentaires ou chroniques journalistiques, etc.) sont considérés pour ce prix, qui peut ainsi récompenser des personnes de toutes origines professionnelles : physiciens, journalistes, responsables associatifs, réalisateurs, youtubeurs, etc. La seule condition est d’œuvrer à la popularisation de la science. Le jury du prix veille à maintenir un équilibre entre les différents profils sur le moyen terme.

En ce qui me concerne, ce prix est évidemment une énorme reconnaissance de tout le travail que j’ai entrepris depuis de nombreuses années dans l’objectif de partager la science et la démarche scientifique du chercheur avec le grand public, en particulier avec les jeunes et les adolescents, c’est-à-dire tous ceux qui sont en devenir et qui cherchent à trouver une voie, leur voie, dans notre société.

Cette reconnaissance est d’autant plus importante que le choix de consacrer tout son temps, toute son énergie, au partage de la connaissance scientifique ne correspond pas à une voie reconnue dans la carrière des scientifiques. Enfin, ce prix est un énorme honneur pour moi, en particulier parce qu’il porte le nom d’un scientifique admirable, immense, complet et passionné, qui a su s’investir à la fois dans la recherche scientifique (il a reçu le prix Nobel de Physique en 1926 pour avoir validé scientifiquement l’hypothèse de l’existence de l’atome), dans l’organisation de cette recherche (il est l’un des pères fondateurs du CNRS en 1939) et dans le partage de la connaissance scientifique avec le public (il est l’un des artisans majeurs de la création du Palais de la découverte en 1937).

J’espère que ce prix pourra me donner une certaine crédibilité pour m’aider à financer le développement de nouveaux projets dont le but sera encore et toujours le partage de la connaissance et de la démarche scientifique avec le grand public. Je pense que cet engagement est très important, particulièrement dans notre société actuelle si défiante face aux progrès de la science, si prête à croire n’importe quelle ânerie se propageant sur la toile, sans prendre le recul nécessaire et faire preuve d’un esprit critique. Ma démarche vise, entre autres, à impulser auprès du grand public, ces réflexes premiers que l’on retrouve dans toute investigation scientifique.

Ainsi, mon souhait serait de voir émerger en Lorraine un espace de science ouvert à tous, permettant de partager la démarche scientifique et de diffuser les connaissances scientifiques et des résultats de recherche à tous les publics. Nous disposons en Lorraine d’un savoir-faire expérimental exceptionnel permettant de réaliser une recherche unique au monde. Pourquoi ne pas alors imaginer une sorte de « maison des sciences » qui proposerait au public des expositions, ateliers, conférences et débats, en rapport avec les axes actuels de recherche ? Ce serait un espace à l’image de la dynamique de recherche présente sur notre territoire dans de nombreux domaines (matériaux, géoscience, énergies, etc.) qui permettrait de partager avec le public « la science en train de se faire », comme l’a si bien exprimé Jean Perrin.

Quelles sont les perspectives pour Magnétique ?

Pour commencer, je souhaiterais revenir sur les objectifs de Magnétique. En effet, cette exposition s’inscrit exactement dans le cadre que je viens de décrire puisqu’elle permet à la fois de démystifier un grand nombre de croyances liées au magnétisme, de mettre en scène la démarche scientifique et de présenter des résultats de recherches actuels. C’est pour ces raisons, propres à l’esprit Jean Perrin, que Magnétique a été sélectionnée par Universcience pour une présentation au Palais de la découverte, du 5 novembre 2019 au 29 novembre 2020.

Après cette période, Magnétique va poursuivre son itinérance, à commencer par une présentation du 15 septembre 2021 au 15 mars 2022 à l’Espace des Sciences de Rennes, l’un des plus grands centres de culture scientifique technique et industrielle de France. Ensuite, à partir d’avril 2022, Magnétique devrait être présentée à Grenoble pendant 6 mois. Cette perspective me réjouit tant elle est symbolique, le centre de recherche de Grenoble, créé par Louis Néel (éminent scientifique français, lauréat du prix Nobel de physique en 1970 pour ses travaux sur le magnétisme), étant le plus grand centre dédié au magnétisme en France.

Voilà pour les grands rendez-vous nationaux, auxquels s’ajouteront des itinérances locales dans la région Grand Est de la version initiale plus légère de l’exposition, dénommée Magnetica,dont l’itinérance est gérée par le service Escales des Sciences de l’Université de Lorraine.

Quels sont vos projets en matière de médiation scientifique ?

Depuis deux ans, je travaille à développer le moyen de partager avec le public une expérience de recherche sur l’un des grands instruments de l’Institut Jean Lamour. Ce travail a déjà mené au développement d’une application de réalité virtuelle immersive et interactive ; elle invite le public à se mettre dans la peau d’un chercheur travaillant à la création de nouveaux matériaux sur la plateforme D.A.U.M. (dépôt et analyse sous ultravide de nanomatériaux). Cette application permet de valoriser cet équipement exceptionnel, non seulement auprès du public lorrain, mais aussi auprès de tous les publics, puisque le dispositif est itinérant. C’est ainsi que l’hiver dernier, le tube virtuel de la plateforme D.A.U.M. a pu prendre vie auprès du public parisien grâce à l’installation de cette application de réalité virtuelle pendant 2 mois au Palais de la découverte.

D’autres projets de médiation scientifique me mobilisent aussi. En particulier, il y a la création d’une exposition itinérante expérimentale dédiée à la lumière. Par analogie avec Magnétique, l’idée est de créer une seconde exposition consacrée cette fois à l’étude du phénomène lumineux. Toujours dans le même esprit, cette exposition sera accessible à tous les publics, sans prérequis nécessaire. L’idée est de créer un cheminement expérimental qui, après avoir interpellé le public sur les diverses signatures de la lumière, ses origines, sa propagation et sa perception, le mènera jusqu’à la découverte d’éminentes recherches exploitant les diverses propriétés de la lumière, actuellement menées en Lorraine. J’espère pour cela continuer à pouvoir bénéficier du soutien financier de l’Université de Lorraine, de Lorraine Université d’Excellence et de la Région Grand Est, auxquels je renouvelle ici mes remerciements.


>> Voir le teaser de l'exposition Magnétique

>> Lire le portrait d'Hélène Fischer sur le site de la SFP