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L'Institut Jean Lamour est un laboratoire de recherche en Science des Matériaux : matériaux, métallurgie, plasmas, surface, électronique, nanomatériaux. C'est une unité mixte de recherche (7198) de l'Université de Lorraine et du CNRS.


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[Portrait] Zakaria Baka, doctorant au-delà du handicap

En thèse à l’IJL depuis 1 an ½, Zakaria Baka travaille sur l’élaboration de cancers sur puce vascularisés pour des applications en thérapie anti-cancéreuse. Il s’est même lancé le défi de présenter son travail en 3 minutes dans le cadre du concours Ma Thèse en 180 Secondes. Le tout en dépit d’une acuité visuelle faible et d’un champ visuel restreint. Portrait d’un doctorant pas comme les autres.

Diplômé en Pharmacie de la Faculté de Médecine de Constantine, les excellentes notes de Zakaria lui ont donné accès à une bourse d‘excellence du gouvernement algérien. Le sujet proposé par sa directrice de thèse, Halima Alem-Marchand, l’a tout de suite attiré. Et elle a organisé son travail de telle sorte que la rétinite pigmentaire dont il est atteint depuis la naissance ne soit pas un frein.

Au laboratoire
A l’IJL, Zakaria a appris à mémoriser le trajet jusqu’à son bureau, dans un bâtiment particulièrement grand et complexe. Cela a été un peu plus compliqué pour les salles d’expériences, mais il y arrive depuis peu. Et il peut compter sur l’aide de ses collègues pour se rendre d’un endroit à un autre.

L’équipe Nanomatériaux et Santé, dont il fait partie, travaille à développer des modèles précliniques in vitro plus pertinents et plus fiables que la culture 2D classique ; grâce à la bio-impression 3D, il peut fabriquer des structures vivantes avec une 3e dimension, qui permet aux cellules d’interagir entre elles et avec la matrice extra-cellulaire. Le but est de tester les nanoparticules développées par une autre doctorante sur les tissus cancéreux imprimés par Zakaria. Cibler les cellules cancéreuses tout en préservant les cellules saines est l’objectif poursuivi.

Pour ce qui est de son travail de thésard, il n’y aucun problème pour la bibliographie, mais il ne peut pas réaliser les expériences lui-même. Ainsi sa directrice de thèse a recruté des stagiaires de Master
pour les réaliser. Zakaria élabore les protocoles avec eux et est présent pendant la réalisation, mais ce sont eux qui exécutent les gestes. Zakaria travaille notamment sur une bio-imprimante pour élaborer des tissus cancéreux, avec un post-doctorant qui encapsule des bactéries via l’impression 3D. Ils utilisent des plaques qui comportent des puits (des sortes de creux) et ils impriment leurs modèles tridimensionnels à l’intérieur de ces creux. Une fois l’impression terminée, Zakaria doit vérifier que le motif a été correctement imprimé et, au besoin, réajuster les paramètres pour obtenir de meilleurs résultats. Pour ce cas précis, il arrive à voir clairement les motifs en plaçant la plaque devant une source de lumière. L’interprétation des résultats se fait à deux.

Vie quotidienne et démarches
La vie quotidienne se passe bien : une chambre du CROUS à la résidence universitaire du Vélodrome, un apprentissage accéléré des tâches culinaires et ménagères, le tramway pour venir jusqu’au laboratoire et de bons amis rencontrés grâce aux activités organisées par la Maison du Doctorat (MDD). Son téléphone portable est un précieux allié pour se déplacer à l’extérieur la nuit. Pour se rendre dans des endroits qu’il ne connaît pas, Zakaria a recours au service Handistan. Il s’est même découvert de la famille à Nancy !

Zakaria a bénéficié, dans ses démarches, de l’accompagnement de la mission handicap de l’Université de Lorraine (UL) et de la référente handicap de la MDD, Christine Sartori. Cette dernière l’a notamment aidé à constituer son dossier Handistan et son dossier auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), nécessaire pour être reconnu comme travailleur handicapé par l’administration.

Sa Thèse en 180 Secondes

L’idée de participer au concours MT180 lui a été soufflée par Yves Cardellini, référent handicap de l’UL, à l’occasion d’une réunion de la commission handicap de l’université. Il a aussi été largement encouragé par sa directrice de thèse. Afin de pallier ses difficultés de communication non-verbale, le comédien qui l’a préparé lui a donné de petits trucs gestuels à utiliser le jour J. La diapositive qu’il a réalisée pour le concours utilise l’humour pour illustrer le dilemme auquel est confrontée la communauté scientifique face au traitement du cancer… Une présentation à découvrir le 25 mars 2021, lors de la finale lorraine de MT180.

 

 >> La campagne "doctorat handicap 2021" du ministère est ouverte En savoir plus


Les conseils de Zakaria à un étudiant handicapé :

Pour bénéficier des droits attribués aux personnes handicapées, notamment la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), il faut :

  • D’abord avoir un titre de séjour ou un récépissé et une attestation de sécurité sociale (indispensables pour la suite des démarches)
  • Choisir un médecin traitant (indispensable pour le volet administratif)
  • Avoir des documents médicaux récents justifiant de son état de santé, établis par un médecin spécialiste (soit dans un établissement hospitalier, soit chez un médecin libéral)
  • Une fois le dossier médical au point, se rapprocher de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) de son département ; il sera alors nécessaire de remplir un formulaire et de fournir un dossier médical récent (d’où l’importance des étapes précédentes)
  • A côté du dossier MDPH, se rapprocher des référents handicap de votre établissement universitaire ; vous pouvez bénéficier d’aménagements en fonction de votre situation (durée des examens, outils spécifiques).
  • Dans la plupart des villes, un service de transport des personnes handicapées est disponible, vous pouvez vous y inscrire, ça facilitera grandement votre quotidien.

Les démarches peuvent sembler longues ou complexes, mais il faut tenir bon et ne pas laisser tomber !