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Catégorie : Actualités générales

Interview de Guillaume Cini, entrepreneur-chercheur

Guillaume Cini, 25 ans, vient de débuter une thèse CIFRE financée par les Ateliers Cini, en cotutelle de L’Institut Jean Lamour et de l’Ecole de Chirurgie Nancy-Lorraine. En parallèle à ses travaux de thèse, Guillaume est également cofondateur d’une start-up innovante dans le secteur médical.


Quelles sont les activités des Ateliers Cini ?

Fondée en 1961 par mon grand-père, la société Ateliers Cini est spécialisée dans la conception, la fabrication rapide, l’usinage et le contrôle pour les secteurs de l’aéronautique et de l’automobile. Le processus standard s’organise en 3 étapes clefs : conception selon le cahier des charges client, fabrication multi-procédés (dont la fabrication additive) et contrôle dimensionnel. L’entreprise Cini est notamment leader en conception et en fabrication de moyens de contrôle destinés au secteur automobile. Aujourd’hui, elle souhaite se diversifier et intensifier sa démarche de recherche et d’innovation, en particulier par la collaboration avec des laboratoires locaux tels que l’Institut Jean Lamour et l’Ecole de Chirurgie de Nancy-Lorraine.

Qu’est-ce qui a incité les ateliers Cini à financer une thèse ?

Les Ateliers Cini font partie d’un consortium-projet, soutenu par le pôle de compétitivité Materalia, dans le cadre du Pacte Lorraine. Ce consortium est composé de quatre acteurs clefs issus du monde socio-économique et de la recherche : les Ateliers Cini, l’Institut Jean Lamour, l’Ecole de Chirurgie de Nancy-Lorraine et l’INRIA Nancy – Grand-est. Ils sont regroupés pour mener le projet PIC (Polymères Innovants Composites). Ce projet a pour but de développer trois principaux axes :

- Matériaux composites innovants aux propriétés nouvelles et améliorées (résistance mécanique, température, biocompatibilité, etc.)

- Machines nouvelle génération destinées à mettre en forme ces matériaux

- Logiciels optimisés pour piloter ces machines

En complément, une thèse était indispensable pour approfondir certains aspects de ce projet de recherche sur trois ans. C’est là que j’interviens en tant que doctorant CIFRE salarié de l’entreprise. Mes travaux de thèse sont partagés entre l’Institut Jean Lamour et l’Ecole de Chirurgie de Nancy-Lorraine, je fais donc le lien entre les 3 acteurs de la thèse.

Quel est le sujet de votre thèse ?

Mon sujet s’intitule : « Elaboration et caractérisation de composites biocompatibles imprimables ».
Je vais aller creuser l’aspect matériaux pour le médical avec comme procédé clef l’impression 3D.  Les interactions entre matériau et vivant vont être au centre de mes travaux.

En effet, la cotutelle de thèse me permet d’élaborer mes matériaux, puis de les caractériser à la fois en termes de caractéristiques mécaniques et tribologiques (science des frottements) avec l’IJL, mais également en cytotoxicité (nocivité d’une substance pour les cellules) avec l’Ecole de Chirurgie, en vue d’éventuelles applications médicales.

Qu’est-ce qui vous a motivé à poursuivre vos études jusqu’à la thèse sachant que votre avenir était déjà « tout tracé »?

Cela s’est fait naturellement. J’ai vu se monter le projet PIC au sein des Ateliers Cini et, lors d’une réunion avec les acteurs du consortium, l’idée d’une thèse a été évoquée avec Samuel Kenzari, ingénieur de recherche CNRS à l’Institut Jean Lamour, et Nguyen Tran, directeur de l’Ecole de Chirurgie Nancy-Lorraine. Les ateliers Cini ayant déjà collaboré avec les deux établissements, l’idée de la cotutelle s’est imposée. Il s’est rapidement avéré qu’une thèse CIFRE serait un véritable atout pour moi. Être au cœur des thématiques d’un projet dont j’ai suivi la construction m’a motivé à m’engager dans ce doctorat, sachant bien entendu que mon profil « ingénieur mécanique avec Master » était compatible.

Vous participez à la gestion d’une start-up innovante en parallèle de vos travaux de thèse. Pouvez-vous nous dire quelles sont ses activités et, surtout, comment vous conciliez entrepreneuriat et doctorat ?

Mes associés et moi-même avons créé la société Deismed en décembre 2013. Cette start-up conçoit, fabrique et commercialise des modèles anatomiques artificiels pour la simulation chirurgicale. Ces modèles multi-matériaux sont réalisés par impression 3D à partir de données patient retravaillées. Ils reproduisent fidèlement l’anatomie et le mélange tissus durs / tissus mous. Ainsi, nous proposons aux chirurgiens une expérience de simulation immersive qui leur permet de se former facilement à certains gestes ou d’anticiper une opération difficile en s’entraînant avant le bloc.

La conciliation de l’entrepreneuriat et du doctorat est possible grâce au soutien de mes associés, à qui j’ai pu déléguer une part  de mes activités dans Deismed.

Quelles sont les futures applications de vos travaux de recherche ?

Pour le moment, nous ne fermons pas de portes au niveau des applications. A priori, les matériaux développés vont avoir des propriétés mécaniques et tribologiques améliorées par rapport à l’existant. Pour le secteur médical, on parle souvent d’éventuelles applications en orthopédie car c’est un exemple parlant. On comprend aisément l’intérêt d’un matériau qui s’use moins et présente de bonnes caractéristiques mécaniques dans la fabrication de prothèses de hanche.